Se déplacer autrement en Béarn
Un projet commun pour nos territoires
Comment se déplacer dans le Béarn de demain ? Comment réduire notre dépendance à la voiture individuelle tout en garantissant à chacun — habitant une grande ville ou un village isolé — la liberté d’aller et venir ? C’est à ces questions fondamentales que répond le Plan de Mobilité Béarn, fruit d’une réflexion collective menée à l’échelle de l’ensemble du territoire béarnais.
Un territoire qui réfléchit à la mobilité de demain
Engagé en 2020 en associant tous les acteurs publics, le Plan de Mobilité Béarn a été élaboré pour répondre à 3 objectifs :
- Explorer des solutions de mobilité alternatives à la voiture, adaptées au territoire et cohérentes,
- Positionner le Pays de Béarn à des échelles supra-territoriales pour poser le cadre d’une négociation avec les partenaires, notamment en matière d’accessibilité, d’infrastructures et de services,
- Nourrir la réflexion des intercommunalités béarnaises sur une éventuelle prise de compétence mobilité offerte par la Loi d’Orientation des Mobilités (LOM).
Les acteurs du Plan de Mobilité Béarn
Ce plan est né d’une initiative portée par le Pays de Béarn, dans le cadre de la démarche de coopération qu’il anime entre les intercommunalités du territoire. L’ensemble des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) béarnais ont participé activement à sa construction, aux côtés de partenaires institutionnels incontournables :
- La Région Nouvelle-Aquitaine, autorité compétente en matière de transports interurbains et ferroviaires ;
- Le Département des Pyrénées-Atlantiques, notamment sur les sujets cyclables et routiers ;
- Le Syndicat Mixte Pau Béarn Pyrénées Mobilités (PBPM), autorité organisatrice de la mobilité pour l’agglomération paloise et ses 37 communes ;
- Nouvelle Aquitaine Mobilités (NAM), chargé de la coordination des différentes offres de transport à l’échelle régionale dans le but de favoriser l’intermodalité.
Des ateliers ont été organisés avec les élus et techniciens de chaque intercommunalité, complétés par des rencontres bilatérales, pour confronter les ambitions aux réalités opérationnelles et financières de chaque territoire mises en évidence par le bureau d’études Iter.
Pourquoi ce plan ? Les enjeux d’une mobilité repensée
L’analyse des déplacements domicile-travail révèle une réalité claire : les flux de déplacements au sein du Béarn sont très importants, organisés en étoile autour de Pau, principalement sur un axe allant d’Orthez à Nay, avec des corridors secondaires vers Oloron, le Bassin de Lacq et Tarbes. Cette cohérence des pratiques à l’échelle béarnaise justifie pleinement une réflexion commune.
Mais au-delà des chiffres, plusieurs enjeux de fond ont guidé les travaux :
- La dépendance à la voiture individuelle : en Béarn comme ailleurs en France, la grande majorité des trajets — même courts — se fait en voiture, souvent seul. Ce « tout-voiture » a des conséquences bien connues : congestion, pollution atmosphérique, émissions de gaz à effet de serre, suroccupation de l’espace public.
- Le risque de désert de mobilité : dans les communes rurales éloignées des grandes polarités, l’absence d’alternatives à la voiture peut isoler durablement une partie de la population — personnes âgées, personnes à faibles revenus, jeunes sans permis.
- Les inégalités d’accès : tous les Béarnais n’ont pas les mêmes besoins ni les mêmes ressources. Le plan entend répondre à la diversité des situations : actifs, seniors, personnes en situation de handicap ou de précarité, touristes, nouveaux arrivants.
- Les impératifs environnementaux : la transition vers une mobilité plus sobre en carbone est une nécessité, que ce soit par le développement des transports collectifs, du vélo ou de l’électromobilité.

Les grandes orientations validées : 4 ambitions pour le Béarn
À l’issue des travaux, les élus ont retenu un scénario progressif — pragmatique et rationnel — qui permet d’engager des actions à court terme dans la perspective des contrats opérationnels de mobilité proposés par la Région, tout en préparant des transformations plus ambitieuses sur le long terme. Ce projet fixe un cap à 6 ans et s’articule autour de quatre ambitions.
Ambition 1 — Mieux relier les polarités entre elles
À l’échelle du Béarn, il s’agit de structurer des liaisons efficaces entre les grandes communes pour permettre un vrai report modal. Cela passe par :
- Le renforcement des transports en commun sur quatre axes prioritaires : Pau–Orthez–Dax (ferroviaire), Pau–Oloron (ferroviaire), Pau–Nay–Lourdes (train ou car) et Pau–Tarbes (car via l’autoroute) ;
- Le maintien des liaisons secondaires du réseau interurbain régional ;
- Le développement du covoiturage sur les axes moins fréquentés, avec des aires dédiées et des plateformes de mise en relation (à l’image de l’outil Modalis de la Région) ;
- La création de pôles de rabattement intermodaux — autour des gares et échangeurs autoroutiers — pour faciliter les correspondances entre modes de transport ;
- L’organisation d’itinéraires cyclables structurants à vocation touristique et de loisir, en s’appuyant sur les voies existantes (dont l’ancienne voie ferrée de la vallée d’Ossau).
Ambition 2 — Organiser la mobilité au cœur des bassins de vie
Les communes rurales ne doivent pas devenir des « déserts de mobilité ». Pour cela :
- Le transport à la demande (TAD) sera déployé à l’échelle des bassins de vie, en s’affranchissant des frontières administratives pour proposer des liaisons vers les polarités proches (marché, maison de santé, services publics…). Ce service souple et inclusif est particulièrement adapté aux publics fragiles ;
- Le covoiturage et le stop organisé (sur le modèle Rezo Pouce) seront promus, avec des arrêts dédiés et une communication renforcée ;
- Le déploiement de bornes de recharge pour véhicules électriques sera accéléré, en lien avec Territoire d’énergies 64 ;
- Un maillage cyclable sera développé à l’échelle des bassins de vie, avec des aménagements sécurisés (pistes et bandes cyclables, jalonnement) et des services de location de vélos.
Ambition 3 — Rééquilibrer les usages dans les communes
Dans les centres-villes et centres-bourgs, il s’agit de remettre l’habitant — et non la voiture — au cœur de l’espace public :
- Repenser le développement urbain pour rapprocher logements, commerces et services (via les outils PLUi), afin de réduire mécaniquement les distances à parcourir ;
- Utiliser le stationnement comme levier : parkings-relais, rotation des véhicules, tarification adaptée, mutualisation des parkings, réservation sur les sites touristiques ;
- Requalifier l’espace public en faveur des modes actifs : zones 30, zones de rencontre, aires piétonnes, jalonnement cyclable… pour redonner du plaisir à habiter nos villes et nos bourgs ;
- Organiser la logistique du dernier kilomètre pour pacifier les livraisons en centre-ville et limiter les nuisances.
Ambition 4 — Réussir la mise en œuvre ensemble
La réussite de ce plan repose sur une mobilisation collective. Le Pays de Béarn jouera un rôle d’animateur et de coordinateur, et plusieurs axes d’actions sont définis :
- Un comité de pilotage partenarial réunira régulièrement les intercommunalités, la Région, le Département, l’État et les autorités organisatrices pour garantir la cohérence d’ensemble ;
- Chaque public fera l’objet d’un accompagnement ciblé : les jeunes (plans de mobilité scolaires, animations en classe), les actifs et employeurs (plans de mobilité entreprise, covoiturage domicile-travail), les nouveaux arrivants (abonnements découverte), les personnes en situation de précarité ou de handicap, les seniors (solutions anti-isolement), les touristes (packs loisir-mobilité) ;
- La connaissance des pratiques des mobilités sera renforcée pour évaluer et ajuster en continu les services proposés.
Un projet au service de tous les Béarnais
Ce Plan de Mobilité Béarn n’est pas un document figé : c’est un cadre commun évolutif, à la fois ambitieux dans ses objectifs et réaliste dans sa mise en œuvre. Il reconnaît que la voiture restera un outil indispensable dans de nombreuses situations — mais il ouvre des alternatives crédibles pour les millions de déplacements qui pourraient se faire autrement.
